Dites stop aux emballages toxiques : droit de réponse
Dites stop aux emballages toxiques : droit de réponse

Suite à l’article consacré à nos emballages du quotidien du 24 janvier 2019, la Fédération Nationale des Eaux Conditionnées et Embouteillées nous a demandé un droit de réponse.

Pourquoi un droit de réponse ?

Dans l’article Dites stop aux emballages toxiques, nous avons écrit : « Allez-y avec modération sur le polyéthylène téréphtalate et le polychlorure de vinyle (PVC) car ils libéreraient des perturbateurs endocriniens. Ils sont notamment utilisés dans les bouteilles transparentes d’eau, de jus de fruits ou de sodas. […] Pour celles et ceux qui pensent faire un geste pour la planète en les réutilisant, il est important de souligner que de fines particules de plastique se détachent progressivement de la bouteille et que les bactéries y prolifèrent ! »

Or, la Fédération Nationale des Eaux Conditionnées et Embouteillées rétorque que : « les bouteilles d’eau en plastique sont en PET et ne présentent aucun danger pour la santé. Elles sont composées de polyéthylène téréphtalate, un matériau sain et inerte.
A la fois inaltérable et transparente, la bouteille d’eau en PET préserve parfaitement l’intégrité des eaux embouteillées à la source. Elle doit être conforme aux critères définis par la réglementation européenne après validation par les agences de sécurité sanitaire des aliments. »

La réponse de Today WeCook

Nous n’avons pas explicitement écrit que les bouteilles en PET (polyéthylène téréphtalate) présentent un « danger » pour la santé, ce substantif n’apparaissant d’ailleurs à aucun moment de cet article. Nous n’avons pas non plus inclus le PET dans la liste des « emballages à éviter ». Au contraire, nous avons classé les différents types de plastique dans la liste des emballages à « favoriser », précisant néanmoins « avec modération ». Car si, à ce jour, des effets délétères sur la santé n’ont pas été démontrés scientifiquement, une étude en particulier a retenu notre attention. En 2009 en effet, les toxicologues Martin Wagner et Jörg Oehlmann ont publié les résultats de leur étude (dans Environmental Science and Pollution Research) concernant les perturbateurs endocriniens dans l’eau minérale en bouteille. Et ces résultats ont fait grand bruit. Leur article (« Endocrine disruptors in bottled mineral water: total estrogenic burden and migration from plastic bottles ») a notamment fait l’objet d’une vive controverse de la part de l’Institut Fédéral Allemand d’Évaluation des Risques et de la Maison des Eaux Minérales Naturelles, tant sur la méthode que sur les résultats. Cette dernière a notamment réagi à ladite étude via le professeur de toxicologie Jean-François Narbonne pour qui « le test utilisé est totalement inadéquat pour mesurer les contaminations en perturbateurs endocriniens dans les eaux potables ».

A contrario, René Habert, alors professeur à l’université Paris-VII et dirigeant de l’unité gamétogenèse et génotoxicité (CEA-CNRS), soulignait au Figaro Santé que « le travail des deux toxicologues allemands est sérieux et intéressant ». Or, face à ces deux sons de cloche émanant de personnalités reconnues comme des références en toxicologie, le bénéfice du doute semble permis.

De plus, l’étude des toxicologues allemands n’avait pas pour dessein de conclure à un risque pour la santé, et ce n’était pas non plus le nôtre. Martin Wagner et Jörg Oehlmann ont simplement mis en évidence que les bouteilles d’eau en plastique contribuent à notre exposition aux perturbateurs endocriniens (PE). Ils écrivent ainsi dans leur conclusion que : « Consumption of commercially bottled mineral water may therefore contribute to the overall exposure of humans with endocrine disruptors ». Mais, il est important de le souligner, l’origine exacte des PE reste inexpliquée au sein de ladite étude (« Though yet unidentified »). Ils soulignent que les PE pourraient provenir du PET, de l’effet cocktail de plusieurs molécules de plastique ou de l’antimoine, minéral employé dans la catalyse des plastiques. Si leur étude souligne la présence de PE dans l’eau minérale en PET, ils ne font que supposer  ̶  ils écrivent d’ailleurs dans leur conclusion « it is probable »  ̶ que la contamination œstrogénique pourrait être liée aux matériaux d’emballage en plastique.

Ayant connaissance de cette étude et de sa controverse lors de la rédaction de l’article, nous avons sciemment employé le conditionnel à propos du PET (« Allez-y avec modération sur le polyéthylène téréphtalate et le polychlorure de vinyle (PVC) car ils libéreraient des perturbateurs endocriniens ») et plus largement à propos des types de plastique pointés du doigt qui « auraient un impact sur notre santé ». Un emploi du mode conditionnel tout sauf anodin, soulignant de fait une hypothèse, mais aussi une réserve liée aux polémiques dégagées suite à cette étude.

En espérant que ces explications répondront à vos affirmations, nous vous remercions d’avoir pu, grâce à ce droit de réponse, informer nos lecteurs sur notre travail de recherche ainsi que le cheminement de notre pensée.

Pour découvrir l’article initial :

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Ajouter un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs requis sont indiqués *

Recevez chaque semaine des idées de recettes, des conseils pour une nutrition saine, équilibrée et savoureuse