Michel Lombard : « Qui ne sait pas manger, ne saura jamais faire l’amour ! »


Le docteur Michel Lombard est sexologue et vice-président de la Société Française de Sexologie. Il reçoit en consultation des hommes, des femmes et des couples qui se plaignent de troubles sexuels et les aide à retrouver le chemin d’une sexualité épanouie. À l’occasion de la Saint-Valentin, nous nous sommes entretenus avec cet expert pour aborder la sexualité à travers le prisme de l’alimentation. Dans cette interview à croquer, Michel Lombard nous dévoile en exclusivité la recette magique pour des nuits d’amour torrides ! Attention, chaud devant !
Est-il vraiment possible d’améliorer sa vie sexuelle grâce à son alimentation ?
Bien que pas tout à fait identiques, les trajets neurophysiologiques entre gastronomie et sexologie sont très proches. Rien ne vaut donc, selon moi, un repas en tête-à-tête aux chandelles avec des petits plats concoctés avec amour pour stimuler le désir et les performances sexuelles. Malgré nos vies trépidantes, il faut savoir prendre le temps de l’intimité à deux. La gourmandise et les plaisirs de la bonne table en font partie ! Aujourd’hui, beaucoup d’hommes et de femmes ne mangent plus ensemble ce qui nuit gravement à la communication du couple. Il ne faut jamais oublier que la nourriture est un éveil !

Et les aliments aphrodisiaques dans tout ça ? Info ou intox ?
Tout d’abord, il convient de préciser qu’un aphrodisiaque est une substance dépourvue de toute nocivité qui accroît le désir, le plaisir et les performances sexuelles en n’agissant ni par suppression des inhibitions, ni pas suggestion. Pendant l’antiquité, Galien, médecin grec, ventait les propriétés aphrodisiaques de la truffe, de l’huître, des bananes, des laitances de maquereau, de l’ambre gris (concrétion intestinale du cachalot), des oignons, des palourdes, du céleri, de la racine de ginseng et du chocolat. En Extrême Orient, il n’était pas rare non plus d’entendre que la corne de rhinocéros et le pénis pulvérisé du lion étaient capables de redonner une vitalité amoureuse à un mort ! En Chine, le ginseng – dont la racine ressemble à un nouveau-né – se vendait à prix d’or pour ses capacités à éveiller le désir, décupler la puissance sexuelle et renforcer l’intensité de l’orgasme. En réalité, toutes ces substances ne devaient leur réputation qu’à la suggestion de gens trop crédules, aux croyances religieuses, à leur effet placébo indiscutable mais aussi à leurs ressemblances avec les organes sexuels. En effet, la consistance d’une huître n’est pas s’en rappeler la muqueuse vaginale. Tout comme, la célèbre mandragore tant vantée dans toute l’Europe médiévale, ressemble de façon hallucinante aux organes sexuels de l’homme et de la femme. D’ailleurs dans la bible, Léa et Rachel auraient utilisé le fruit de la mandragore pour rendre Jacob plus réceptif à leurs avances. Mais aujourd’hui, aucune de ces substances n’a encore fait la preuve de son efficacité aphrodisiaque. L’avancée de la recherche et des neurosciences actuelles ont fini d’achever ces faux pouvoirs. Toutes ces substances vendues encore actuellement ne sont autres que de l’intox marketing basée sur la crédulité de certains. Ces substances, autres recettes et médicaments pourraient nous faire devenir des déficients érotiques conditionnés et robotisés des années futures. Il n’y a et n’aura jamais de meilleur aphrodisiaque que le corps du ou de la partenaire que l’on aime et désire ardemment. Tout comme il n’y aura jamais rien de plus beau, de plus charnel et de plus érotique que de caresser et d’humer l’être cher dans un élan de tendresse partagée !

Mais alors, quels aliments aphrodisiaques sont-ils vraiment efficaces ?
Aujourd’hui, des tas de produits nuls, inefficaces et parfois même toxiques inondent le marché. Pourtant, il n’y a pas d’aliment magique ! Ce ne sont que des croyances ! Gardez à l’esprit que c’est l’ensemble de notre alimentation qui permet d’avoir une sexualité épanouie. Il est important d’avoir une bonne hygiène alimentaire : supprimer le tabac, boire peu d’alcool, se tenir à l’écart des produits trop salés, trop sucrés et bourrés de graisses saturées, ne pas lésiner sur les fruits et légumes frais pour faire le plein de vitamines et préférer les aliments bio pour éviter d’ingérer des pesticides et autres perturbateurs endocriniens.
Entre nous, y a-t-il des aliments dont il vaudrait mieux se passer avant un ébat ?
Il faut éviter tous les excès : graisses saturées, sel, sucres, colorants, alcool, repas mal équilibrés, repas pris trop rapidement sur le pouce, repas pris debout, etc. Il ne faut pas nous laisser engloutir par nos sociétés de consommation et d’abondance qui conduisent à des comportements de suralimentation. Mais il ne faut pas non plus être trop restrictif sinon on finit par réprimer les plaisirs !
Malbouffe et performances sexuelles font-elles bon ménage ?
En plus d’engendrer de la malnutrition, du diabète, de l’obésité et de l’hypertension, la malbouffe peut entraîner des troubles du désir et de la sexualité et induire un comportement entraînant des troubles sexuels comme l’éjaculation précoce. Alimentation et sexualité sont des plaisirs indissociables ! Il faut prendre le temps d’apprécier le contenu de son assiette car qui ne sait pas manger, ne saura jamais faire l’amour !
Il paraît qu’il n’y a pas de reproduction sans cholestérol… Info ou intox ?
Le « bon » cholestérol comme le « mauvais » cholestérol jouent un rôle essentiel dans la reproduction. Pas étonnant d’ailleurs quand on sait que les hormones mâles (androgènes) et femelles (œstrogènes et progestérones) sont des molécules dérivées du cholestérol. De manière plus générale, alimentation et reproduction vont de pair. Il ne peut y avoir une bonne reproduction sans une alimentation saine et équilibrée.
À la rédac’, on se demandait si l’orgasme faisait maigrir ?
L’orgasme ne fait pas maigrir, c’est l’acte sexuel qui fait perdre des calories ! Selon l’intensité et la durée du rapport, bien sûr, mais aussi des positions pratiquées, de l’âge et des pathologies des deux partenaires. Un rapport sexuel dure 19 minutes en moyenne dont 10 minutes de préliminaires. C’est peu pour brûler des calories dans le but de perdre du poids. Une étude québécoise a montré que la dépense énergétique mesurée au cours d’un rapport sexuel de 25 minutes est de 101 calories chez l’homme et 69 calories chez la femme. C’est peu en comparaison des 276 calories dépensées chez l’homme et des 213 calories dépensées chez la femme lors d’un jogging de la même durée. La dépense énergétique est quasiment trois fois plus faible lors d’un rapport sexuel que lors d’une activité sportive. De toute façon, on ne fait pas l’amour pour maigrir ! Ce qui est important c’est la qualité du rapport sexuel, sa réussite et surtout la plénitude et le plaisir qu’il apporte aux deux partenaires.
 
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