Lumi Poullaouec : « J’ai pris conscience que ma santé passait par mon assiette »


Lumi Poullaouec est directrice artistique dans une agence de communication. Elle a illustré, une année durant, sa lutte contre la graisse après avoir eu le fameux déclic qui lui a fait prendre conscience de son surpoids. Dans « Adieu graisse ! », elle raconte avec humour le cheminement qui lui a fait retrouver la ligne et la santé grâce à une alimentation plus saine. À l’occasion de la sortie de son journal illustré, elle répond à nos questions le temps d’une interview et nous dévoile ses astuces anti-résurrection de kilos !
Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?
Je m’appelle Lumi, je suis franco-finlandaise, j’ai 37 ans et je suis photographe et directrice artistique dans une agence de communication. Je suis une fille comme les autres, à l’exception près que j’aime beaucoup manger (rires) !
Dîtes-nous en un peu plus sur Adieu graisse !
C’est un journal illustré, à la croisée des chemins entre roman graphique, Bullet Journal et sketchnote !
Pourquoi avez-vous tenu à raconter votre lutte contre les kilos dans un livre ?
Après mes vacances en Finlande, où je me suis gavée comme une oie, la balance a affiché 75,3 kg. J’ai pris conscience que j’étais en surpoids et en mauvaise santé. Complètement mortifiée, je me suis empressée d’acheter un petit carnet noir et j’ai commencé à tenir un journal de bord. Plus tard, j’ai décidé de publier mes pages sur mon blog et mon éditrice, Hélène Pouchot, a trouvé ça génial. Elle m’a demandé d’en faire un livre. C’est comme ça que Adieu graisse ! est né. En rendant public mon journal intime, j’ai scellé une forme d’engagement. La terre entière était au courant que je commençais un régime. Je n’avais plus le choix. Il fallait absolument que j’arrive à perdre mes kilos en trop (rires) !
Quand avez-vous réalisé qu’il était peut-être temps de dire adieu à votre graisse ?
Les kilos sont arrivés sans même que je ne m’en aperçoive. J’ai laissé mes bourrelets s’installer. Je me complaisais dans ma graisse, m’embourbant dans un cercle vicieux et destructeur. Mais peu à peu, j’ai commencé à me sentir serrée dans mes vêtements et c’est là que j’ai compris qu’il y avait quelque chose qui clochait (rires) !
Vous avez baptisé votre livre Adieu graisse ! Est-ce que le pari est réussi ? Combien de kilos avez vous perdu ?
Au départ, je souhaitais perdre 10 kilos. Certainement mon éternelle obsession du chiffre rond (rires) ! J’ai finalement décidé d’arrêter mon régime au bout de 8 kilos perdus car je n’étais plus en surpoids, j’avais trouvé mon poids de forme et mon équilibre et je me sentais très bien comme ça.
Avez-vous suivi un régime et si oui lequel ?
En 2007, j’ai suivi le programme de perte de poids Weight Watchers pour essayer de rentrer dans ma robe de mariée. Ce régime, basé sur un système de points, avait bien fonctionné à l’époque puisque j’avais réussi à perdre 12 kilos. Dix ans plus tard, je décide donc de ressortir ma liste de points Weight Watchers. Mais au fil des semaines, je me sentais prisonnière de ce système de points. De plus, je venais de lire une étude de l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) qui a conclu que tous les régimes, sans aucune exception, entraînaient des déséquilibres nutritionnels. J’ai donc simplement décidé de changer la manière de m’alimenter sans suivre de régime particulier.
Quel est le secret d’une telle perte de poids ?
Le secret, c’est d’être patient ! Une perte de poids s’étalant sur plusieurs mois est souvent plus durable qu’une perte de poids sur quelques semaines.
Quels sont les principaux changements que vous avez opérés dans votre alimentation ?
J’ai appris à doser l’huile à l’aide d’une cuillère à soupe pour mieux me rendre compte des quantités utilisées. J’ai troqué les biscuits apéritifs contre des tomates cerises. De la même manière, j’ai commencé à peser mon muesli le matin. J’ai remplacé les grignotages du milieu de matinée par un fruit ou des oléagineux. J’ai remplacé le café par des smoothies verts, des thés bio en journée et des tisanes le soir. J’ai fait des orgies de fruits et légumes. J’ai remplacé le sucre raffiné par du miel, du sirop d’érable ou du sirop d’agave. Enfin, j’ai appris à écouter mon corps. Quand il dit stop, j’arrête de manger alors qu’avant je me forçais à finir mon assiette. Et pour éviter le gaspillage alimentaire, j’ai trouvé une petite astuce. Désormais, je mange dans une petite assiette pour réduire les portions. Quitte à me resservir ensuite !
À quel point cette nouvelle alimentation a-t-elle changé votre vie ?
Aucun médecin n’avait jamais fait le rapport entre mes inflammations et mon alimentation. C’est en surfant sur internet que j’ai appris qu’une alimentation trop acide pouvait provoquer des inflammations. J’ai pris conscience que ma santé passait peut être par mon assiette. À partir de là, j’ai largement augmenté ma consommation de fruits et légumes et j’ai arrêté de m’intoxiquer avec des produits industriels. Au bout de deux semaines, je ne prenais plus d’antidouleurs ! En changeant radicalement d’alimentation, j’ai non seulement enterré 8 kilos au cimetière graisseux, mais j’ai aussi enterré les médicaments que je prenais quotidiennement pour soulager les inflammations chroniques du cou et du dos dont je souffrais depuis plusieurs années. Sans parler du fait que je dors beaucoup mieux, que j’ai retrouvé le plaisir de manger de bons produits, que j’ai redécouvert le goût des aliments simples et non transformés et que j’ai à nouveau pu m’acheter des fringues en taille 40 au lieu de 44 (rires) !
Quel rapport entreteniez-vous avec la nourriture ?
J’avais de très mauvaises habitudes alimentaires ! J’étais accro à la malbouffe, aux sodas, au sucre, à l’aspartame, à la caféine, au gras et aux produits transformés… J’avais tendance à grignoter au boulot, surtout lors des bouclages. Et j’avais mes petits rituels : pizza party le vendredi midi et brunch puis fast-food le week-end. Je ne me suis jamais vraiment contrôlée. Si j’avais une soudaine envie de chocolat, j’allais m’acheter du chocolat !
Avez vous pratiqué un sport pour vous aider dans votre perte de poids ?
Mon médecin m’a conseillé de faire de la piscine ou de la marche sportive. J’ai horreur du sport et encore plus de la piscine (rires) ! C’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers la marche. J’essaie de m’organiser régulièrement des sorties de 8 à 10 kilomètres. Pour me motiver sur la durée, je me suis acheté un bracelet connecté. Regardez, il ne me quitte plus (rires). Je me suis également instauré une morning routine. Au programme : 10 minutes d’abdos-fessiers tous les matins. Mais je ne suis pas toujours très disciplinée et il m’arrive de préférer dormir 10 minutes de plus (rires) !
Quel rapport entreteniez-vous avec votre corps ? Et aujourd’hui ?
Pour être honnête, je n’ai jamais été complexée. Je ne me suis jamais sentie grosse. Je dirais même que je me suis toujours sentie bien dans ma peau, dans mes formes et dans ma graisse. Si j’ai décidé de perdre du poids, c’est avant tout pour résoudre mes problèmes de santé !
Quelles sont vos astuces pour paraître encore plus mince ?
Porter des talons vertigineux, choisir des vêtements adaptés qui flattent ma morphologie, miser sur les couleurs joyeuses, oser porter des jupes et mettre mes atouts en avant. Enfin, il ne faut jamais oublier qu’avec un grand sourire, les kilos disparaissent (rires) !
Votre journal illustré est un véritable concentré d’humour et de positive attitude. Quel message cherchiez-vous à véhiculer à travers cette autodérision ?
Par le biais de mon livre, je souhaite faire comprendre qu’il ne faut pas dramatiser. Aujourd’hui, 49% des Français sont en surpoids soit 1 Français sur 2. Il faut décomplexer vis à vis de ses kilos en trop et aborder son régime avec humour et légèreté.
Comment avez-vous imaginé les deux personnages du démon Sheitan et de la Voix de la Raison ?
Dans ma tête, Sheitan et la Voix de la Raison se livraient sans cesse un combat intérieur. Le premier me poussait au crime tandis que le second essayait de me freiner. Dilemme (rires) !
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut commencer un régime du bon pied ?
Cela n’est pas facile de démarrer un régime. Il faut beaucoup de volonté. Personnellement, tenir un journal intime m’a beaucoup motivé sans parler du fait que cela m’a permis de me rendre compte de tout ce que je mangeais. Pour m’encourager, je me suis également fait une courbe de poids, j’ai regardé des photos de moi du temps où j’étais mince et je suis allée faire du shopping dès qu’une petite baisse de régime se faisait sentir (rires).
Perdre autant de poids et continuer à se faire plaisir grâce à l’alimentation c’est possible ? 
Bien sûr, en misant sur les épices, les graines et les bons légumes de saison. Il ne faut pas tomber dans la privation. C’est important de se faire plaisir de temps en temps pour tenir sur la longueur.
Pas facile de garder la ligne le midi quand on est overbookée comme vous ! Que manger au travail pour la pause déjeuner ?
Le dimanche, je cuisine avec mon mari et on prépare quelques repas pour la semaine à venir. Le midi, j’essaie de trouver des chaînes de restauration rapide bon marché qui offrent des alternatives saines. Cela me permet de troquer sandwiches et pizzas contre salades, soupes et autres plats chauds !
Quelles sont vos bonnes résolutions en ce début d’année ?
En 2018, je vais tenter d’arrêter le sucre ajouté pendant 1 mois pour me rendre compte de ma dépendance au sucre et en diminuer ma consommation. J’ai également envie de fabriquer mes propres cosmétiques et produits ménagers maison afin de limiter mon exposition aux perturbateurs endocriniens !
 
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