Ces additifs qui ne nous veulent pas toujours du bien

Les additifs alimentaires

Sucres cachés, sel, colorants, conservateurs, correcteurs d’acidité, agents de texture, exhausteurs de goût… Bien que très encadrés par la législation, les additifs alimentaires sont nombreux à faire l’objet de controverses. Il faut dire que si certains additifs alimentaires sont complètement inoffensifs, d’autres sont peu recommandables et peuvent même s’avérer dangereux pour la santé. On lève le voile.

Les additifs, c’est quoi ?

Baptisés « ingrédients de spécialité » par l’industrie agroalimentaire, les additifs alimentaires sont des substances naturelles ou synthétiques ajoutées à une boisson, un aliment ou une préparation pour en améliorer l’aspect, le goût, la consistance ou encore la conservation.

Les catégories d’additifs alimentaires

Ces additifs naturels que sont le sel, le sucre, les épices et les aromates sont employés depuis toujours. Mais force est de constater que plus l’alimentation s’est industrialisée, plus les additifs synthétiques ont été employés. La liste de ces derniers est maintenant fort longue ! Ajoutés aux aliments dans un but technologique, les additifs autorisés et encadrés par la législation européenne sont aujourd’hui plus de 350 et sont répertoriés par la lettre E suivie de trois chiffres dont le premier indique la catégorie. Ils sont répartis en 6 grandes familles que voici :

  • les colorants (E100). Ils donnent une couleur attirante au produit ;
  • les conservateurs (E200). Ils empêchent la prolifération des micro-organismes indésirables comme les moisissures ;
  • les antioxydants, acidifiants ou correcteurs d’acidité (E300). Ils réduisent l’oxydation qui provoque le rancissement des matières grasses ou le brunissement des fruits et légumes coupés ;
  • les agents de texture (E400). Ils améliorent l’aspect d’un produit ;
  • les additifs de différentes fonctions (E500 à E520) ;
  • les agents de saveur ou exhausteurs de goût (E600). Ils intensifient le goût d’un produit.

Des additifs pas si inoffensifs…

Tous les additifs font l’objet d’une évaluation de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa). Selon la loi européenne, les additifs ne peuvent être employés que s’il y a une nécessité technologique pour leur utilisation, s’ils n’induisent pas le consommateur en erreur et s’ils ne présentent aucun risque pour la santé du consommateur. Pourtant, parmi les 350 additifs alimentaires autorisés dans l’Union européenne, un quart d’entre eux seraient à éviter ou peu recommandables. Parmi les additifs à risque, citons par exemple le sorbitol (E420). Utilisé en remplacement du sucre dans les glaces et les yaourts, il provoquerait des troubles digestifs lorsqu’il est consommé à haute dose. Ou encore les nitrates et nitrites (E249, E250, E251, E252), très présents dans les charcuteries, et qui sont associés à un risque accru de cancer du côlon. Quant aux caramels élaborés au moyen d’ammoniaque ou de sulfite d’ammonium (E150c, E150d), utilisés par l’industrie agroalimentaire dans une grande variété d’aliments, ils pourraient contenir des substances immunotoxiques suspectées d’être cancérigènes. Aussi, les colorants azoïques (E102, E104, E110, E122, E124, E129), souvent présents dans les confiseries, auraient un effet nuisible sur l’activité et l’attention des enfants et contribueraient à l’hyperactivité chez l’enfant.

Les dangers de « l’effet cocktail »

Les effets des additifs alimentaires sur la santé sont évalués par des études toxicologiques et épidémiologiques. Nous voilà donc (presque) rassurés ! Sauf que le seuil de toxicité de chaque additif est fixé comme s’il était le seul à être ingéré, sans tenir compte d’un effet combiné. Pourtant, nombreux sont les additifs qui peuvent être allergènes et même cancérigènes lorsqu’ils sont consommés au-delà de certaines doses. Or, la dose journalière admissible (ou DJA) se voit bien souvent dépassée lorsque l’on consomme régulièrement des produits qui contiennent les mêmes additifs. Ce n’est donc pas seulement la dangerosité d’une substance qui est en cause (sauf pour les allergiques), mais bien l’interaction entre plusieurs additifs. À titre d’exemple, certains conservateurs benzoïques (E 210 à E 213) produisent du benzène sous l’action de la vitamine C. De plus, l’ingestion régulière ou quotidienne de ces substances accroît encore les risques.

Le marché du « sans additif »

Alors que les alertes se multiplient, certains industriels surfent sur le « clean-labelling » et investissent le nouveau créneau du « sans additif » avec des étiquettes de plus en plus sobres. C’est notamment le cas d’Intermarché qui a lancé sa gamme l’Essentiel avec 34 produits garantis sans additifs à ce jour. De leur côté, Carrefour et U se sont engagés à bannir les substances les plus controversées de l’intégralité de leurs gammes distributeur. Un défi de taille quand on sait que les additifs servent à assurer la stabilité et la sécurité sanitaire des aliments mais une démarche louable, par contre, pour les additifs les plus cosmétiques qui servent à masquer la mauvaise qualité des produits ou à remplacer les ingrédients les plus coûteux. Vous n’allez quand même pas nous faire croire que vous n’aviez jamais remarqué que les industriels n’hésitent pas à remplacer les fruits des yaourts par des arômes ou encore les jaunes d’œufs des pâtisseries par de la lécithine de soja ? Eh oui, les additifs servent plus aux industriels qui désirent produire à moindre coût qu’à l’intérêt du consommateur !

Et si on cuisinait maison ?

Depuis plusieurs décennies, nous avons délégué la fabrication du contenu de nos assiettes à l’industrie agroalimentaire. Mais aujourd’hui, face aux scandales à répétition, les Français sont devenus méfiants. La qualité nutritionnelle des aliments industriels est pointée du doigt. Souvent trop transformés et chargés de sucres cachés, de sel, de graisses hydrogénées, de conservateurs et d’arômes synthétiques, ils finissent par nous rendre malades. À titre d’exemple, les aliments ultra-transformés (ou AUT) sont soumis à de nombreux et longs processus de transformation qui créent des molécules toxiques, comme l’acrylamide. Mais ce n’est pas tout ! Ces aliments industriels, gorgés d’additifs, sont souvent emballés dans des matériaux de mauvaise qualité, relâchant dans notre nourriture des perturbateurs endocriniens. De nombreuses études ont établit un lien entre la consommation accrue d’AUT et l’augmentation du risque de cancers. Mais ce n’est qu’un exemple isolé. Nombreux sont les autres produits industriels ultra-transformés qui ne méritent pas le nom d’aliments. Le fait-maison apparaît alors comme une alternative plus économique, plus écologique, plus savoureuse mais surtout plus saine !

Couverture du livre Mon Epicerie Maison

Fortes du constat que les consommateurs désirent maîtriser le contenu de leur repas, Louise Browaeys et Hélène Schernberg ont écrit Mon épicerie maison aux Éditions Alternatives. Dans cet ouvrage à quatre mains, elles proposent de fabriquer soi-même ses basiques du placard et ses produits d’épicerie salée et sucrée. Ces 50 recettes saines ont en commun de ne contenir aucun additif ni conservateur et de limiter les sucres, le sel et les matières grasses saturées qui sont responsables d’un grand nombre de maladies de notre civilisation, telles que le diabète, l’obésité, les troubles métaboliques ou les maladies cardio-vasculaires. Les auteurs proposent par exemple des chips et autres biscuits apéritifs peu salés ou encore des sauces tomates, des granolas, des bonbons et des pâtes à tartiner moins sucrées que les alternatives du commerce. Ce livre de recettes saura sans nul doute vous orienter vers une consommation d’additifs plus raisonnée. Grâce à lui, vous n’aurez plus à décrypter ces interminables listes d’ingrédients incompréhensibles. À glisser entre toutes les mains !

 

7 m***** que vous avalez tous les jours sans le savoir !

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